VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015

FOCUS 911-17

L'INTERVENTION DE LA BAC75N, au bataclan

Paris, France


La BAC75N, l'unité anti criminalité de Paris de Nuit, fut la première unité à entrer dans le bataclan.

Dans un récit poignant, le Commissaire de cette uniét témoigne de la terrible situation qu'il a pu découvrir avec son chauffeur.


C'est d'ailleurs à cet instant que l'un des terroristes a pu etre abattu avant qu'il ne tire sur un otage.

  

Avant l'intervention de la BRI, lourdement équipée pour mettre un terme à cette attaque terroriste au sein du bataclan,mais aussi appuyés d'autres unités, la BAC75N est intervenue pour tenter de faire quelque chose pour stopper l'action de ces terroristes.


A travers la reprise du récit suivant, nous souhaitions rendre un hommage appuyé à cette unité, sans pour autant bien sur oublier l'action des autres unités intervenantes.


Cet hommage est aussi important pour nous association 911-17.

A travers ce reportage, nous souhaitions remercier et honorer nos collègues de la BAC75N, mais surtout, un de ses effectifs qui est aussi membre de notre association.

Nous le savons, parler et une chose difficile, compliquée et chacun réagit de manière différente.


Notre manière à nous aujourd'hui pour te feliciter, t'entourer, est de diffuser ce reportage pour reconnaitre ton action cette nuit là et surtout pour te dire, que nous sommes toutes et tous, derrière toi "Bro" et derrière vous, collègues intervenants.

Le témoignage du Commissaire de la BAC75N, diffusé dans la LE POINT.


« Pour nous, tout le monde était mort. » Devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, le commissaire divisionnaire de la BAC intervenu le premier au Bataclan le 13 novembre raconte comment il a abattu un des djihadistes.

La retranscription de son audition, à huis clos et sous le couvert de l'anonymat, a été publiée mardi. En voici les principaux extraits:


« Mon attention s'est immédiatement portée sur les personnes décédées, au sol, devant nous.

Je me rappelle en avoir vu deux : un homme devant le Bataclan Café et une femme devant l'entrée.

Nous avons été marqués parce qu'une personne filmait avec un téléphone portable. Nous lui avons dit de dégager. Nous entendions des tirs.


Nous nous sommes regardés, je crois avoir dit : Il faut qu'on y aille.

Je ne suis même pas certain qu'il [son chauffeur, NDLR] m'a répondu : il m'a regardé et cela m'a suffi pour comprendre que nous étions sur la même longueur d'onde et que, dès lors, nous ne faisions plus qu'un.


Dès que nous avons commencé à progresser, les portes battantes en bois du Bataclan se sont ouvertes vers nous, et entre quinze et trente personnes ont fui en courant dans notre direction et en hurlant.

Là, la vision était indescriptible.


Il devait être 21 h 54 [les djihadistes ont attaqué à 21 h 40].


À partir du moment où nous avons commencé à progresser dans le couloir, les tirs ont cessé, et quand nous sommes rentrés, il n'y en avait plus aucun, c'était le silence.

Là, la vision était indescriptible - vous pouvez l'imaginer.

Des centaines de corps - pour nous, tout le monde était mort - étaient enchevêtrés les uns sur les autres : devant le bar, dans la fosse, parfois même entassés sur plus d'un mètre de hauteur.


Personne ne bougeait, il n'y avait pas de gémissements, pas de bruit, il régnait un silence glacial.


L'un des terroristes, que nous avons identifié ultérieurement comme Samy Amimour, est apparu sur la scène.

Il était face à nous et tenait à la main son fusil d'assaut en menaçant un jeune homme à quelques mètres de lui.

J'ai tiré quatre fois, et mon équipier deux fois.

L'individu a poussé un râle, s'est affaissé et est tombé au sol.


Nous étions à environ 25 mètres.


Dans les quelques secondes qui ont suivi, une explosion s'est produite, mais elle était très en hauteur.

Nous n'avons donc pas compris immédiatement que c'était lui qui avait explosé.

Nous étions certains de ne pas ressortir vivants de cet enfer-là.


D'après la chronologie que j'ai eue a posteriori, nous l'aurions abattu à 21 h 57.

Il y a donc eu des tirs, et nous nous sommes protégés.


Après, il y a eu une accalmie.

Nous n'étions que tous les deux, nous n'avions pas d'armes longues, nous ne savions pas où étaient les terroristes.

J'ai donc décidé de ressortir pour voir si des renforts étaient arrivés.


"Puis les coups de feu ont repris à l'intérieur.

Et cette fois, c'était vraiment du coup par coup. Nous comprenons donc qu'ils sont en train d'exécuter des gens."


Humainement, compte tenu de ce qui se passait - on sentait bien qu'ils étaient en train d'achever les otages -, on ne pouvait pas rester à l'extérieur.

Nous sommes donc tous retournés à l'intérieur [il y a désormais une dizaine de policiers de BAC franciliennes, NDLR].

Il y a encore eu des tirs dans notre direction, sans que l'on puisse réellement savoir d'où ils provenaient.

J'ai riposté deux fois.


"Puis les tirs ont cessé, ça s'est calmé.

Même les vivants faisaient semblant d'être morts."


La BRI arrivée sur place ensuite, a commencé à progresser dans les étages.

Au bout d'un moment, il n'y a plus eu de mouvements ni de tirs.

J'ai décidé d'aller chercher les victimes qui étaient dans la fosse à quelques mètres de nous.

Les gens ont commencé à bouger et à se manifester.


Nous avons commencé à mettre en place une noria d'évacuation, avec toutes les difficultés présentes : le sol était extrêmement glissant, car il y avait du sang et des douilles partout.

Nous étions obligés d'enjamber ou de déplacer des personnes décédées.

Il y avait également des personnes dont nous savions très bien qu'elles étaient blessées sérieusement, mais qu'il fallait que l'on extraie quand même, sans pouvoir utiliser les gestes de secours habituels pour le transport des victimes. »


Article du point datant du 12/07/2016